Vous vous souvenez sûrement de la théorie de Zacharia sur les bons et les cons (voir article « Marocn’roll »), et bien aujourd’hui nous connaissons les fondements de l’histoire.
Le Coran par Abdelkrim et Otmane, nos amis tailleurs : « Allah créa le paradis, il créa l’homme, Adam, il créa Houa, la femme, issue de l’une des côtes gauche d’Adam. Il leur offrit de profiter de tout à condition de ne pas croquer la pomme, fruit défendu. Mais Houa convainquit Adam d’y goûter. Allah les punis en affligeant Adam d’une pomme d’Adam et Houa de menstruations (c’est pas juste !) puis il les chassa du Paradis en les envoyant séparément sur Terre.
Adam se retrouva en Inde et Houa en Arabie saoudite, ils se cherchèrent longtemps et finirent pas se retrouver en haut du mont Arafa. Là ils conçurent des jumeaux Rabile, le bon et une fille laide, puis encore des jumeaux, Habile le mauvais et une fille belle. En grandissant Habile et Rabile voulurent tous deux la plus belle de leurs sœurs, ils finirent par s’entre-tuer laissant les deux sœurs enceintes. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui les bons sont issus de l’union de Rabile et de la belle et les cons de l’union de Habile et de la laide » Euh ça vous rappelle pas quelque chose cette histoire ?
Sinon à part ça, nous sommes toujours Souiris, c’est-à-dire habitants d’Essaouira.
La vie suit son cours, entre visite chez nos tailleurs préférés qui nous racontent des histoires en buvant du thé à la menthe. On refait le monde assis sur des piles de pulls en laine et entourés de djellabas multicolores. On parle du Maroc, d’environnement, de la grippe des poules… Et on reboit un petit thé. Dimanche, nous avons été invités par la famille d’Abdelkrim pour un pique-nique en forêt.
Les femmes ont fait un couscous géant sur le feu que nous avons partagés sur des nattes avant de faire un bon match de foot. La famille est assez nombreuse pour constituer deux équipes, c’est pratique. Les autres se sont mis à chanter de vieilles chansons en s’accompagnant sur de petites percussions en terre et peau de poisson, une mamie édentée tapant avec deux cuillères sur un plateau en métal pour faire les aigus. Un bon dimanche en famille quoi.
Le temps s’écoule doucement, les poils poussent aux jambes de Kala nag
et on ne peut plus sortir la tête du bateau sans se faire héler par un gars du coin venu rendre visite. Notre vie sociale déborde de gâteaux, de couscous et de thé !!! Les gars du port nous offrent des araignées, du poisson, des cigales de mer… En fait il faut juste qu’on fasse gaffe à ne pas croquer la pomme pour ne pas se faire virer !
Il y a deux autres voiliers avec nous : « Skirevan » de Georges et Corinne qui nous poursuit depuis Lisbonne et un tout petit catamaran coque de noix que Mark a mené d’Angleterre aux Canaries en se prenant un ouragan avec des vagues de 12 mètres sur le chemin. Son embarcation est si basse qu’il ramasse tout le temps de l’eau dedans, sa caisse à outils n’est plus qu’un tas de rouille, il a vraiment du courage… Enfin, il dit lui-même qu’il est fou et qu’il veut changer de bateau.
Cette pub (cliquez LA pour voir en grand) vient d’un magazine de voile français, c’est fou ce qu’on peut essayer de nous vendre ! Pour 538 € on vous propose de vous éviter quoi ? Un coup d’œil circulaire ! Mettons que l’on tourne la tête et le corps de 360° une fois par jour pour vérifier les feux de nav. Cet effort vous fera brûler 11 kcal soit l’équivalent de 1/320 de kilo de pâtes Barilla à 3€ du kilo. Le coup d’œil revient donc à 1 centime d’euros. Vous pourrez donc lancer 538 000 coups d’oeils soit un coup d’œil par an pendant 1500 ans avant que ce foutu bidule électronique vaille le coup ! Surveillons tout de même le cours de la nouille, on ne sait jamais…
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Sur ce nous partons en compagnie de Fanny et son ami Florian en visite pour 10 jours, voir Saïdoun, l’ami Berbère de Rico qui habite dans les montagnes du bord de mer.
Bislama





