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Archive for mars, 2006

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mar 29

Sidi Ifni walou

Vendredi matin, après deux mois à Essaouira et presque trois au Maroc, nous sommes partis comme nous étions arrivés, sans bruit, dans le petit matin mais la tête pleine de souvenirs. Les quelques premières heures de retrouvailles avec Neptune ont été pleines de sensations plus ou moins agréables. Le cœur un peu nostalgique a bientôt laissé place au corps un peu douloureux de tant de mouvements aléatoires. Depuis notre départ de France, les symptômes du mal de mer ont évolué en nous, et le stade auquel nous nourrissions les poissons (ces ingrats) est dépassé, il a laissé place a un genre de mal-être général qui dure plus ou moins longtemps. Dans ces moments de légère prostration nous rêvons chacun de notre côté puisque même la parole devient pénible. Mais signe de bonne santé, dans ma tête je voyais défiler toutes sortes de bons fromages français, au top one de la liste un bon Morbier fermier suivi d’une tome de Savoie AOC et d’un Mont d’or au vin blanc sorti du four… Trois mois de Vache qui s’marre ça laisse quand même des séquelles !

Une fois remis en selle ; soit 4-5h pour Loïc et 12 pour moi, nous avons filé vers Sidi Ifni, grrrand port de pêche Marocain. En route nous avons rencontré notre première tortue de mer et samedi midi nous nous sommes annoncés frais et dispos à l’entrée du fameux port. Mais, nos amis en djellabas avaient oublié de nous dire que le port avait quelques disfonctionnements, c’est-à-dire un ensablement notoire en plein milieu formant une barre infranchissable de vagues de quelques mètres de haut. Pas un bateau à l’intérieur et pourtant les marins marocains ne sont pas des fillettes, donc demi tour, oui mais vers où ? Et là nous avons compté nos vivres, eau et gasoil et décidé pour le grand jeu : les Canaries qu’à cela ne tienne. Nous avons sorti nos beaux guides nautiques et choisi l’île de Graciosa pour atterrir quelques deux jours et deux nuits plus tard. Le bouquin dit « entre Maroc et Canaries se trouvent une des zone les plus poissonneuses du monde*… », ni une ni deux, nous avons armé Kala nag en chalutier russe et fait chauffé le four, la cocotte et les bocaux.
Et puis le temps a passé, langoureusement pour une fois, pas un souffle de vent n’est venu troubler notre navigation… Nous avons lu, mangé (du thon en boite), croisé d’autres tortues, chauffé au soleil, barré sous les étoiles filantes accompagné des dauphins et de leurs sillages phosphorescents de plancton. Nous avons aperçu des milliers de petits calamars nageant près de la surface (mais le manche de l’épuisette était trop souple). Pour ponctuer tout Ça nous nous sommes aussi entrainés au sauvetage de « Josianne la bouée » jetée délibérement par dessus bord pour l´occasion. Je vous rassure Josianne est saine et sauve malgré ses deux tentatives… D´ailleurs nous recherchons des candidats pour nos prochains essais grandeur nature, si Ça vous tente ? Enfin bon, on peut le dire simplement : on a pris notre pied en mer comme jamais et on s’est félicité d’avoir fait tout ce chemin et ce chantier. Au niveau de la pêche, vous êtes comme nous vous n’aviez pas pris le temps de lire l’astérisque : * ne circule pas les 26, 27, 28 mars et les jours fériés. Et voilà comment on se fait avoir bêtement !!!

Au matin du quatrième jour de mer, nous avons aperçu la silhouette des îles, et même si il y vient quinze avions par jour, ça fait quelque chose d’y arriver tout seuls à la voile, un sentiment de Christophe Colomb à 2 balles quoi.
L’arrivée était majestueuse et les eaux les plus poissonneuses du monde ont choisi ce moment pour engloutir notre challenger, un très beau calamar blanc en plastique plein de rafia offert par Benoît et qui avait fait ses preuves à plusieurs reprises dans le golfe de Gascogne en levant un beau thon et une belle bonite. Lourde perte que celle de ce cher calamar et ses 3 mètres de nylon. Je vous le dis à vous mais depuis quelques temps je soupçonne les magasins de pêche de dresser les poissons à voler du matos et à leur ramener, ce n’est pas possible autrement…
Nous avons accosté l’île merveilleuse de Graciosa, dans la douceur et le calme. Quelques habitations, quatre supérettes où Loïc réalise actuellement une étude de marché sur le prix du pot de Nutella et puis plein de rien tout sauvage autour, des tas de roches volcaniques aux formes spectaculaires, des buissons fleuris, une mer bleue turquoise (soit disant pleine de poiscailles), du sable blond, des vagues pour surfer, du soleil, enfin bon un excellent cliché de l’île de rêve mais qu’est ce que c’est bon !!!
On se dit qu’on va sûrement rester plusieurs mois aux Canaries, les billets d’avion se trouvent pas chers sur Internet alors si ça vous tente laissez vous tenter !

Desoles les photos viendront plus tard faute de debit internet suffisant… Hasta luego.

Pour voir notre trajet cliquez là.

mar 18

Et si on repartait ?

Ecoutez une petite chanson Gnaoua (musique traditionnelle du coin) pour vous mettre dans l’ambiance :
podcast

Encore une petite histoire, cette fois-ci offerte par notre ami Hassan :
Jouha vivait dans une petite ville du Maroc, il était très radin mais aussi très malin. Le croyant riche et agacés de sa pingrerie, ses voisins racontaient de méchantes histoires sur lui. Un jour, fatigué de leurs sarcasmes, il décida de les inviter tous à manger chez lui. Les voisins se précipitèrent sur l’aubaine et vinrent nombreux. Jouha les fit entrer au salon et comme tous les marocains ils se déchaussèrent à l’entrée. Il les fit s’asseoir confortablement et leur servit un thé. Pendant que ces gens le buvaient, épiant la maison à l’affût de nouveaux ragots, Jouha prit toutes les babouches et fila en douce au marché. Là, il vendit le lot pour un bon prix et parti au souk acheter moult viandes et légumes. De retour, sa femme se mit à l’œuvre et servit un opulent couscous aux invités. Ceux-ci hilares d’être repus à l’œil se mirent à bénir Jouha pour sa générosité et le pressèrent d’éloges. Au moment de partir, se levant pour se rechausser, ils ne trouvèrent point les babouches. Tous se tournèrent alors vers Jouha, pleins d’interrogations : « Où sont nos chaussures ? » et Jouha leur dit tout simplement « et bien vous les avez mangées ! ».medium_mars_06_090.jpg

Hassan, ami de Othmane, le tailleur avec qui nous passons beaucoup de temps, nous a emmené dans les montagnes pour passer deux jours tranquilles. Ce n’était pas très loin au niveau kilométrique mais beaucoup plus au niveau temporel. C’est ainsi, ici les lois de la physique sont souvent mises à mal. D’ailleurs, d’après-vous, combien peut-on transporter de Berbères dans une 504 break ? Réponse en image en cliquant là. Arrivés à l’Aïn, après quelques virages dangereux nous nous sommes installés dans de petites baraques au bord de l’Oued (rivière). Hassan arrivé avec de gros sacs s’est mis activement à faire la cuisine pour ne plus s’arrêter durant deux jours. Miam ! Burp ! Alahmdoulila !
Un berbère arrivé de nulle part propose de nous faire découvrir les sources thermales du coin. Chacune d’entre elle guérit à sa manière et les gens viennent de très loin traiter leurs calculs rénaux, infections, rhumatismes et autres misères. Selon lui les sources peuvent tout soigner, même la myopie.medium_mars_06_099.jpg
medium_mars_06_100.jpg

Je me suis baignée les yeux avec circonspection mais je n’ai pas jeté mes lunettes pour autant… De plus, le Berbère, convaincu par les vertus de ces sources était tout de même sourd comme un pot et arborait des chicots épouvantables ! Il nous a aussi parlé de grottes magiques où se font des apparitions de lions et autres animaux féroces mais par manque de temps nous n’avons pas été voir.

Bon bon bon et bien nous somme toujours à Essaouira, mais pas pour longtemps. Sous une bâche posé sur le bout d’alu planté sur le pont nous avons trouvé un grand bout de tissu blanc… mmmh à quoi sert ce truc ? Non de non, c’est une voile ! On avait presque oublié que notre maison pouvait se déplacer… On espère juste que nos estomacs, eux, n’ont pas trop oublié.medium_mars_06_164.jpg
Afin de repartir à pleine vitesse (c’est-à-dire environ 33 nœuds de moyenne au près), un plongeur va venir raser la coque de Kala nalgue qui n’en peut plus de servir de niche écologique à la moitié du port. Direction Agadir ou bien Sidi Ifni pour quelques derniers jours au Maroc. Ensuite nous irons faire un tour aux Canaries en commençant Graciosa, toute petite île très sauvage qui va nous permettre de renouer avec une mer moins sale et plus tranquille. Il faut dire que les nuits sont souvent stressantes dans le port d’Essaouira car des dizaines de gros bateaux de pêche manœuvrent dans une joyeuse anarchie à quelques mètres seulement de notre petit joujou en contreplaqué. medium_mars_06_034.jpgD’ailleurs, une nuit, l’un d’eux nous a touché, nous sommes sortis paniqués mais ce n’était rien, quelques égratignures seulement. Depuis les bruits de leurs moteurs nous font tressaillir… Raison de plus pour reprendre le voyage même si il va être un peu difficile de dire au revoir aux quelques bons amis que nous nous sommes faits ici.

Pour combler l’ennui qui vous étreint sûrement entre deux de nos articles, Loïc vous offre une distraction très à la mode : une grille de Sudoku Berbère. A vos stylos, résultats dans le prochain numéro !

Et puis allez hop, soyons fous, un petit clip de l’artiste la plus kitsche du coin, une perle !

A bientôt d’ici ou d’ailleurs !

mar 17

Nos amis couturiers

Rencontrés à Essaouira, Otthmane et Abdelkrim ont réalisé des travaux de couture pour notre bateau. Leur travail est soigneux et si il y a un problème il n´hésitent pas à faire les retouches nécessaires. Ils aiment leur travail et pour nous ce sont vite devenus de très bon amis. Il va de soit que leur honnêteté est irréprochable.
Alors laissez vous tenter par de nouveaux rideaux, housses de carré, protection de zodiac, de winchs, tauds en tout genre. Un petit tour à Marrakech vous permettra de trouver de nombreux tissus.
medium_3.jpgmedium_mars_06_167.jpgmedium_mars_06_231.jpgmedium_mars_06_240.jpg

Pour télecharger leur carte de visite cliquez là et pour le plan d´accès à la boutique cliquez là.

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