Sidi Ifni walou
Vendredi matin, après deux mois à Essaouira et presque trois au Maroc, nous sommes partis comme nous étions arrivés, sans bruit, dans le petit matin mais la tête pleine de souvenirs. Les quelques premières heures de retrouvailles avec Neptune ont été pleines de sensations plus ou moins agréables. Le cœur un peu nostalgique a bientôt laissé place au corps un peu douloureux de tant de mouvements aléatoires. Depuis notre départ de France, les symptômes du mal de mer ont évolué en nous, et le stade auquel nous nourrissions les poissons (ces ingrats) est dépassé, il a laissé place a un genre de mal-être général qui dure plus ou moins longtemps. Dans ces moments de légère prostration nous rêvons chacun de notre côté puisque même la parole devient pénible. Mais signe de bonne santé, dans ma tête je voyais défiler toutes sortes de bons fromages français, au top one de la liste un bon Morbier fermier suivi d’une tome de Savoie AOC et d’un Mont d’or au vin blanc sorti du four… Trois mois de Vache qui s’marre ça laisse quand même des séquelles !
Une fois remis en selle ; soit 4-5h pour Loïc et 12 pour moi, nous avons filé vers Sidi Ifni, grrrand port de pêche Marocain. En route nous avons rencontré notre première tortue de mer et samedi midi nous nous sommes annoncés frais et dispos à l’entrée du fameux port. Mais, nos amis en djellabas avaient oublié de nous dire que le port avait quelques disfonctionnements, c’est-à-dire un ensablement notoire en plein milieu formant une barre infranchissable de vagues de quelques mètres de haut. Pas un bateau à l’intérieur et pourtant les marins marocains ne sont pas des fillettes, donc demi tour, oui mais vers où ? Et là nous avons compté nos vivres, eau et gasoil et décidé pour le grand jeu : les Canaries qu’à cela ne tienne. Nous avons sorti nos beaux guides nautiques et choisi l’île de Graciosa pour atterrir quelques deux jours et deux nuits plus tard. Le bouquin dit « entre Maroc et Canaries se trouvent une des zone les plus poissonneuses du monde*… », ni une ni deux, nous avons armé Kala nag en chalutier russe et fait chauffé le four, la cocotte et les bocaux.
Et puis le temps a passé, langoureusement pour une fois, pas un souffle de vent n’est venu troubler notre navigation… Nous avons lu, mangé (du thon en boite), croisé d’autres tortues, chauffé au soleil, barré sous les étoiles filantes accompagné des dauphins et de leurs sillages phosphorescents de plancton. Nous avons aperçu des milliers de petits calamars nageant près de la surface (mais le manche de l’épuisette était trop souple). Pour ponctuer tout Ça nous nous sommes aussi entrainés au sauvetage de « Josianne la bouée » jetée délibérement par dessus bord pour l´occasion. Je vous rassure Josianne est saine et sauve malgré ses deux tentatives… D´ailleurs nous recherchons des candidats pour nos prochains essais grandeur nature, si Ça vous tente ? Enfin bon, on peut le dire simplement : on a pris notre pied en mer comme jamais et on s’est félicité d’avoir fait tout ce chemin et ce chantier. Au niveau de la pêche, vous êtes comme nous vous n’aviez pas pris le temps de lire l’astérisque : * ne circule pas les 26, 27, 28 mars et les jours fériés. Et voilà comment on se fait avoir bêtement !!!
Au matin du quatrième jour de mer, nous avons aperçu la silhouette des îles, et même si il y vient quinze avions par jour, ça fait quelque chose d’y arriver tout seuls à la voile, un sentiment de Christophe Colomb à 2 balles quoi.
L’arrivée était majestueuse et les eaux les plus poissonneuses du monde ont choisi ce moment pour engloutir notre challenger, un très beau calamar blanc en plastique plein de rafia offert par Benoît et qui avait fait ses preuves à plusieurs reprises dans le golfe de Gascogne en levant un beau thon et une belle bonite. Lourde perte que celle de ce cher calamar et ses 3 mètres de nylon. Je vous le dis à vous mais depuis quelques temps je soupçonne les magasins de pêche de dresser les poissons à voler du matos et à leur ramener, ce n’est pas possible autrement…
Nous avons accosté l’île merveilleuse de Graciosa, dans la douceur et le calme. Quelques habitations, quatre supérettes où Loïc réalise actuellement une étude de marché sur le prix du pot de Nutella et puis plein de rien tout sauvage autour, des tas de roches volcaniques aux formes spectaculaires, des buissons fleuris, une mer bleue turquoise (soit disant pleine de poiscailles), du sable blond, des vagues pour surfer, du soleil, enfin bon un excellent cliché de l’île de rêve mais qu’est ce que c’est bon !!!
On se dit qu’on va sûrement rester plusieurs mois aux Canaries, les billets d’avion se trouvent pas chers sur Internet alors si ça vous tente laissez vous tenter !
Desoles les photos viendront plus tard faute de debit internet suffisant… Hasta luego.


C’est ainsi, ici les lois de la physique sont souvent mises à mal. D’ailleurs, d’après-vous, combien peut-on transporter de Berbères dans une 504 break ? 












