Ecoutez une petite chanson Gnaoua (musique traditionnelle du coin) pour vous mettre dans l’ambiance : 
Encore une petite histoire, cette fois-ci offerte par notre ami Hassan :
Jouha vivait dans une petite ville du Maroc, il était très radin mais aussi très malin. Le croyant riche et agacés de sa pingrerie, ses voisins racontaient de méchantes histoires sur lui. Un jour, fatigué de leurs sarcasmes, il décida de les inviter tous à manger chez lui. Les voisins se précipitèrent sur l’aubaine et vinrent nombreux. Jouha les fit entrer au salon et comme tous les marocains ils se déchaussèrent à l’entrée. Il les fit s’asseoir confortablement et leur servit un thé. Pendant que ces gens le buvaient, épiant la maison à l’affût de nouveaux ragots, Jouha prit toutes les babouches et fila en douce au marché. Là, il vendit le lot pour un bon prix et parti au souk acheter moult viandes et légumes. De retour, sa femme se mit à l’œuvre et servit un opulent couscous aux invités. Ceux-ci hilares d’être repus à l’œil se mirent à bénir Jouha pour sa générosité et le pressèrent d’éloges. Au moment de partir, se levant pour se rechausser, ils ne trouvèrent point les babouches. Tous se tournèrent alors vers Jouha, pleins d’interrogations : « Où sont nos chaussures ? » et Jouha leur dit tout simplement « et bien vous les avez mangées ! ».
Hassan, ami de Othmane, le tailleur avec qui nous passons beaucoup de temps, nous a emmené dans les montagnes pour passer deux jours tranquilles. Ce n’était pas très loin au niveau kilométrique mais beaucoup plus au niveau temporel.
C’est ainsi, ici les lois de la physique sont souvent mises à mal. D’ailleurs, d’après-vous, combien peut-on transporter de Berbères dans une 504 break ? Réponse en image en cliquant là. Arrivés à l’Aïn, après quelques virages dangereux nous nous sommes installés dans de petites baraques au bord de l’Oued (rivière). Hassan arrivé avec de gros sacs s’est mis activement à faire la cuisine pour ne plus s’arrêter durant deux jours. Miam ! Burp ! Alahmdoulila !
Un berbère arrivé de nulle part propose de nous faire découvrir les sources thermales du coin. Chacune d’entre elle guérit à sa manière et les gens viennent de très loin traiter leurs calculs rénaux, infections, rhumatismes et autres misères. Selon lui les sources peuvent tout soigner, même la myopie.

Je me suis baignée les yeux avec circonspection mais je n’ai pas jeté mes lunettes pour autant… De plus, le Berbère, convaincu par les vertus de ces sources était tout de même sourd comme un pot et arborait des chicots épouvantables ! Il nous a aussi parlé de grottes magiques où se font des apparitions de lions et autres animaux féroces mais par manque de temps nous n’avons pas été voir.
Bon bon bon et bien nous somme toujours à Essaouira, mais pas pour longtemps. Sous une bâche posé sur le bout d’alu planté sur le pont nous avons trouvé un grand bout de tissu blanc… mmmh à quoi sert ce truc ? Non de non, c’est une voile ! On avait presque oublié que notre maison pouvait se déplacer… On espère juste que nos estomacs, eux, n’ont pas trop oublié.
Afin de repartir à pleine vitesse (c’est-à-dire environ 33 nœuds de moyenne au près), un plongeur va venir raser la coque de Kala nalgue qui n’en peut plus de servir de niche écologique à la moitié du port. Direction Agadir ou bien Sidi Ifni pour quelques derniers jours au Maroc. Ensuite nous irons faire un tour aux Canaries en commençant Graciosa, toute petite île très sauvage qui va nous permettre de renouer avec une mer moins sale et plus tranquille. Il faut dire que les nuits sont souvent stressantes dans le port d’Essaouira car des dizaines de gros bateaux de pêche manœuvrent dans une joyeuse anarchie à quelques mètres seulement de notre petit joujou en contreplaqué.
D’ailleurs, une nuit, l’un d’eux nous a touché, nous sommes sortis paniqués mais ce n’était rien, quelques égratignures seulement. Depuis les bruits de leurs moteurs nous font tressaillir… Raison de plus pour reprendre le voyage même si il va être un peu difficile de dire au revoir aux quelques bons amis que nous nous sommes faits ici.
Pour combler l’ennui qui vous étreint sûrement entre deux de nos articles, Loïc vous offre une distraction très à la mode : une grille de Sudoku Berbère. A vos stylos, résultats dans le prochain numéro !
Et puis allez hop, soyons fous, un petit clip de l’artiste la plus kitsche du coin, une perle !
A bientôt d’ici ou d’ailleurs !





