En route vers les jambonniers….
Comme prévu Loïc a eu 30 ans le 10 mai et nous avons fêté ça à grand renfort de cochon-riz-bounouk (vin de palme). Pour parfaire son initiation Loïc aurait du lui-même tuer Efrougoune d’un couteau planté dans le cœur mais c’était un peu rude pour avoir encore de l’appétit le soir et il a donc participé en lui tenant une patte. Efrougoune c’est « cochon » en diola et c’est bon avec de la sauce aux oignons et du riz.
Les 40 litres de vin de palme ont réuni une bonne partie des catholiques du village et en descendant, le niveau a délié les langues dans de grands discours improvisés. Une bonne fête quoi !
Quelques jours plus tard Guy et Katell sont repartis en France pour travailler, snif, ce n’est qu’un au revoir mes frèreuuuuuuuuuus……
Un dernier Tieb ou diene (riz et poisson) au débarcadère des pirogues à Ziguinchor et nous étions repartis chacun de notre côté. Pour nous direction Niomoune pour récupérer le vaisseau amiral de la flotte MC, le très célèbre « Arz n ael », non pas le pote à Gargamel, un autre. La première nav’ vers Cachouane a prouvé que nous étions sous de bons hospices : partis un peu courts sur la marée nous avons du mouiller l’ancre en plein milieu de parcours pour la nuit avec à bord 10 biscottes, un fond de margarine rance, deux mangues et un demi litre d’eau comme provisions. Au moment le plus désespéré du bilan des réserves de nourritures un poisson sabre de au moins 300 grammes a sauté sur le pont. Ronan saisi par la famine lui a planté son coutelas droit dans le cœur et hop il a fini avec la margarine rance dans l’unique casserole du bord. Il était très bon mais le lendemain on a fait dare dare pour arriver à Cachouane se faire un PDR (petit-déjeuner-royal) avant d’échouer (volontairement) pour le carénage.
Ca c’est un truc de dingue : on pose le jouet sur la plage et hop la mer descend, on gratte les 10 tonnes de fruits de mer collés sous la coque, un coup de peinture et puis la mer remonte et y a plus qu’à s’échouer de l’autre côté le lendemain, c’est MAGIQUE ! En plus, ça fait une attraction pour les gosses qui on joué à Tarzan toute la journée avec la drisse de grand-voile.
On a galéré à ranger nos deux bateaux et à remplir celui-ci de tout les machins et trucs indispensables à un séjour prolongé en mer.
Nous voici maintenant de retour à Ziguinchor où il fait toujours de la calor à fond. Là, on bosse et on transpire toute la journée pour préparer Arznael. Listes de courses, réparations, nettoyage, bronchite, piscine (oui ça débouche bien le sinus), resto… Les occupations ne manquent pas.
Bref, nous sommes presque prêts, il ne reste plus qu’à attendre nos deux ou trois agents secrets partis l’un (Bienvenue) en Gambie pour des panneaux solaires moins chers, l’autre (Ou se man ?) à la recherche de petites bouteilles de gaz… Chaque nouvel article est une mission : il faut une demi-journée pour trouver des fusibles, une autre pour 8 m de skaï pour les coussins de cockpit mais au final tout est possible à Ziguinchor. 
Une fois tout en place c’est retour à Cachouane pour claquer la bise à Corianaze et Kala nage avant de nous élancer à 35 nœuds dans la passe direction plein nord. Les cirés et les bonnets sont à poste, les Açores nous attendent avec leur nature exubérante. Saviez-vous qu’une certaine île des Açores dont nous tairons le nom, regorge d’arbres à jambons et de torrents de crème fraîche. Nous tenons cette info de source sûre : Guy, le grand commodore d’Ebunkut et président de la France des gens qui sont pas d’accord avec l’autre nous l’a dit.
C’est donc avec beaucoup d’espoir et d’appétit que nous passerons ces prochaines semaines en mer.
Alors à bientôt aux Açores !!!


































