Voici enfin venu le temps de vous présenter notre nouvelle annexe construite à Dakar. Elle n’est pas tout à fait terminée mais navigue déjà comme une déesse !
Loïc a longuement dessiné les plans sur Autocad avec pour contraintes : la couper en deux pour la loger en avant du roof par dessus le radeau de survie, pouvoir utiliser la grande partie seule au moteur et pouvoir la porter à deux, faire s’emboiter la petite partie (1/3) dans la grande (2/3), la faire marcher à la voile, au moteur et à la rame, la rendre solide, insubmersible et stable, pouvoir la construire simplement à Dakar.
Le suspens reste entier lors de la découpe en deux de l’engin, premeir examen de passage pour le dessinateur des plans. Regardez plutôt la vidéo :
Ensuite c’est la phase concrète qui a débuté par l’achat et le transport du contreplaqué en charette. voyez plutôt les images :
Une fois le contreplaqué livré, nous avons découpé le fond et assemblé les cloisons selon la méthode du cousu-collé. On perce des petits trous sur les deux parties à assembler puis on enfile un fil de fer qu’on torsade pour serrer. Le contreplqué de 5mm se plie facilement et adopte bien les courbes.
Pour finir la couture au fil de fer on fait un joint congé à la résine époxy chargée (woodfill de chez Sicomin mais la sciure de bois fine ferait l’affaire). Pour renforcer le tout nous avons posé un tissu de fibre de verre de type bi-biais sur tous les joints.

Le fond et les cloisons sont maintenant bien solidaires, il devient alors possible de poser les bordés. La technique est la même : trous et couture au fil de fer tous les 15 ou 20 cm. Il faut être soigneux et poser les deux côtés petit à petit en symétrie pour que l’ensemble ne se vrille pas. Les bordés n’ont pas leur hauteur exacte, ils seront redécoupés une fois attachés. Ensuite, c’est joint congé, bi-biais et stratification légère des fonds.


Il ne faut pas beaucoup d’heures de travail pour arriver jusque là et c’est très amusant de voir la rapidité avec laquelle l’assemblage ressemble a un vrai petit bateau. En deux jours c’est fait. On pose ensuite la marotte (l’étrave droite) et le pontage de l’avant. Vient ensuite le détail : trous dans la cloison avant et doublage de la cloison arrière pour préparer la découpe en deux parties. Cette cloison est modifiée pour former une queue d’arronde « géante » afin que les deux parties s’emboîtent sans jeu et sans peine.
Les phases suivantes sont plus longues et moins drôles : ajustages, ponçage, mastiquage… De petis coffres étanches sont percés dans les caissons du milieu. L’annexe est retournée et fignolée. A deux avec le moteur, le mouillage et les affaires, l’annexe sera traînée sur le sol souvent couvert de pierres ou de coquillages, nous avons donc aussi stratifié le fond avec un tissu de verre mate léger pour augmenter la résistance. 

La première couche de peinture de marque « Sen Paic » n’a pas fait du tout ses preuves et malgré la couleur sympathique il a fallu tout regratter, un désastre… Mais bon elle était pas chère !
. Et puis le temps nous a un peu manqué et nous avons rapidement collé le pied de mât, peint avec une bonne couche de polyuréthane de bonne qualité et chargé le tout sur le pont direction la Casamance. A peine arrivés l’annexe a pris du service pour ne plus jamais s’arrêter depuis. Guillaume venu en vacançes a eu la primeur de la navigation à la voile…
Avec un mât de planche et une voile de planche retaillée pour une livarde, ça marche plutôt fort par vent de travers, et ça ne coule presque pas même une fois rempli d’eau (J’ai déssalé dans les bancs de crocodiles en plein bolon). Il ne nous reste plus qu’à prendre notre courage à deux mains et la sortir de l’eau pour terminer les peintures et fignoler quelques détails.
En conclusion : c’est super une annexe en dur surtout quand il ya des coquilles d’huîtres bien acérées qui traînent partout et puis on peut monter à six dedans, charger le filet de pêche, laisser plein de trucs dedans, un vrai petit navire, un peu plus qu’un machin gonflable !












