Après la brève escale d’Essouira et les heureuses retrouvailles qui vont avec, nous avons réembarqué à bord de notre fabuleuse Rino 21 direction le sud.
Au delà des collines pierreuses couvertes d’arbres d’arganiers, typiques du coin, nous attaquons un passage montagneux. Dans cette zone plus aride ne subsistent que des cactus. L’agriculture se concentre alors dans le lit des oueds (rivières temporaires), il y a des plantations de bananiers qui produisent des petites bananes savoureuses comme aux Canaries. Aujourd’hui il pleut, les gens sont heureux et ça donne au paysage une lumière particulière.

La route, qui est chouette depuis le début du voyage, est sur ce tronçon vraiment magnifique et variée. La circulation est très cool mais il faut rester vigilants car les autres usagers (camions, taxis, vélos et mob, ânes et divers bestiaux, nids de poule et piétons) ne le sont pas forcément…
Sur la côte, les attroupements de voitures stationnées indiquent les spots de surf. A Tarazoute c’est le rendez-vous des Brice de Nice et cie, avec nos planches à voiles sur le toit nous passons inaperçus.
Arrivés à Sidi Ifni, il n’y a plus grand touriste alentour et en quelques minutes nous trouvons une chambre à louer pour trois pas chère (150DH) avec une ambiance chaleureuse. C’est une adresse à retenir : appartements « Les Palmiers » à côté de l’Hôtel « Suerte Loca ». 
Dans la ville il ya même un bar qui sert de la bière.

Le lendemain, alors que nous sommes sur le point de partir, nous rencontrons Lhasen, le mécano du coin. Après une petite causette, il s’avère être très sympa et très connu pour son travail sur les voitures en partance pour le désert. Nous décidons donc de rester une journée pour faire quelques travaux nécessaires à la longévité du véhicule au Sénégal. Lhasen nous pose une plaque d’acier sous le moteur pour protéger le carter d’huile et la boîte de vitesse et il nous suggère aussi d’étirer les suspensions arrière pour rehausser la caisse.

Malheureusement, malgré une demi journée d’efforts de cinq de ses mécanos les suspensions ne se laissent pas étirées, trop grippées. Tant pis, on lâche l’affaire et repartons le lendemain matin pour Dahkla. Une pause à Guelmime nous permet d’acheter une roue de secours supplémentaire au cas où. On ficelle le tout sur le tas de planches et hop l’affaire est faite.

La route nous dévoile les premières dunes du Sahara et l’immensité du désert. C’est beau ! Nous passons une bonne soirée à Tarfaya en compagnie d’Habib le journaliste rencontré il ya deux ans lors de notre escale avec Kalanag. Le lendemain nous franchissons les portes du Sahara occidental, Laayoune, Tan Tan…

L’asphalte défile sous les pneus et le soleil envoie ses premiers mirages. Il y a beaucoup de beauté dans cette monotonie qui n’est qu’apparente puisque la moindre ondulation de la route peut révéler des surprises : une baie, des reliefs érodés, le vol saccadé d’une hirondelle de sable, un dromadaire, un type en plein cagnard assis sans habitation autour, une carcasse de voiture…

L’arrivée sur la baie de Dahkla est à couper le souffle. Des gens y font du kite-surf, et nous résistons à l’envie de nous baigner pour ne pas arriver de nuit à la ville. Dahkla paraît un peu froide et terne à l’arrivée mais une fois la nuit tombée le quartier devient très animé. De l’hôtel Sahara en plein centre ville (60DH pour deux, super propre) Aurélie et moi partons à la recherche du Hammam pour femmes. C’est un grand plaisir au Maroc et aussi le meilleur moyen de se faire des copines. Nous ressortons de là une heure plus tard, roses et détendues, prêtes à reprendre la route…










