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Archive for décembre, 2007

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déc 26

Noël à Bobo

La moustiquaire plantée aux abords d’un village, les yeux dans les étoiles, bercés par les bruissements de la nuit, vous vous endormez paisiblement en oubliant de mettre le réveil pour demain matin. Pas de problème, la nature se charge de tout : aux premières lueurs du jour, tout ce qui possède la faculté de faire du bruit va se mettre à brailler à qui mieux mieux. Un coq rompt d’abord le silence, suivi d’un autre et encore un autre. Et puis c’est concert général : ça caquète, ça cuicuite, ça glousse, ça bêle, meugle, piaille, criquette et grigritte, ça grogne, ça braie, miaoute, aboie et cocoricotte. A la mosquée le muezzin complète la fanfare en chantant la grandeur divine dans son mégaphone. Finalement, le dernier à se lever c’est le soleil (et puis nous parce qu’on reste à écouter au lit). Il point, il grossit, les animaux s’apaisent alors pour commencer, avec les hommes, une nouvelle journée.

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Grâce à cet efficace réveil matin nous arrivons à l’heure pour visiter Djénné et sa très belle architecture de Banco. Pour l’occasion titinne a même traversé un bras du fleuve Niger. Pas peu fière la titinne !

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Le lendemain nous rencontrons Kéné qui nous guidera dans son pays Dogon. Ce n’est pas vraiment notre truc les visites guidées, mais là cela s’avère incontournable. L’accès aux villages animistes nichés entre plaine et falaise est assez facile mais le visiteur risque par méconnaissance de violer les lieux sacrés, de manquer de respect aux anciens et surtout de ne rien comprendre à l’architecture et aux traditions locales alors que ce sont elles qui font l’intérêt de la visite.
La ouare 21 prend donc vaillamment la piste pour nous déposer sans failles au pied de la falaise de Bandiagara.
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Durant les quatre jours suivants nous découvrons les villages au fil de la marche. Les greniers à grains (mil, sorgho) sont de petites cases sur pilotis, celles des femmes sont dites greniers femelles et n’ont qu’une fenêtre. L’intérieur est compartimenté en 4 casiers au centre desquels se trouve une potiche servant à garder les bijoux et autres valeurs. Les greniers mâles ont trois fenêtres et ne sont pas compartimentés.

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D’autres cases appelées les « Togona » sont faites d’un toit très bas soutenu par des piles de pierres. Les hommes y viennent discuter et régler les conflits du village, la bassesse du toit empêchant quiconque de se lever brusquement pour en venir aux mains. fb8baccd5a2a28ad10267ac591df7a4f.jpg
La falaise héberge les vestiges des anciens villages. Les prédécesseurs des Dogons, les Tellems y avaient bâti des habitations de banko (torchis) semi troglodytiques et accessibles seulement par des cordes. Les dogons avaient quant à eux choisi des zones accessible à pied. Ils ont abandonnés ces villages pour s’installer dans la plaine ou sur le plateau quand la menace des grands fauves et des éléphants a disparu.

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Nous marchons le matin tôt puis nous nous arrêtons déjeuner dans les campements (auberges pour touristes) pour continuer vers 16h quand la chaleur tombe un peu. Les paysages et les villages sont superbes et notre guide très sympa. Nous apprenons la belotte locale et tentons de mettre une tannée à nos divers partenaires rencontrés dans les campements (Mathias : statistiquement j’ai gagné !). Les villages sont un peu tous en fête car les habitants sont soit animistes, musulmans ou chrétiens et célèbrent ensemble les dates des uns et des autres. Il y a eu « Tabaski », la fête du mouton musulmane ou chaque père de famille égorge un ovin par épouse après la grande prière du matin.

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Le chemin nous mène en haut de la falaise dans les villages du plateau, là on prépare noël et nous nous retrouvons à suivre les Dogons en liesse qui défilent dans chaque cour de maison avec tambours et vieilles pétoires chargées à la poudre de leur fabrication (d’ailleurs certains chassent avec !). Ca pète avec un éclair de feu dans un gros nuage de fumée et les gamins se bouchent les oreilles. Tout ça fini sur la place du village où tout le monde danse.

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Abel qui tient le campement nous cuisine un bon « tauw », plat de mil et de sauce. Pendant la nuit l’harmattan se lève et nous recouvre de poussière. Le lendemain nous redescendons dans la plaine en passant par une faille où il faut passer par des échelles de bois au dessus de vides impressionnants. C’est beau !

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Nous terminons notre séjour ravis. Même si le pays Dogon est devenu très touristique à certaines périodes et si certains villages sont devenus trop marchands, cela reste une visite inoubliable. Il faut rester vigilant et discret pour ne pas gêner les populations. Et puis si les enfants vous harcèlent toute la journée par des « ça va, bonbons, ça va bouteille, bonjour chemise, ça va bic, bonjour chemise et donne moi cent francs » c’est parce qu’il y a des abrutis qui leur en donnent et que je maudis. Si vous voulez faire des dons, donnez au chef du village ou aux parents mais jamais aux enfants. Quelle image peuvent-ils avoir de gens qui leur donnent régulièrement des choses que leur père ne peut pas ? La population désapprouve mais se retrouve impuissante devant le bon touriste blanc qui fait sa distribution.
Fin du coup de gueule.

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Nous reprenons la route la tête pleine de dogoneries et de leurs histoires animistes. Nous avons trois places de libres et prenons régulièrement des passagers. Les gens font de gros yeux ronds en voyant que ce sont des toubabs qui s’arrêtent mais sont ravis de monter et voyager gratis. Une fois nous avons pris un vieux monsieur qui était chef de son village et attendait depuis plusieurs heures un véhicule, les quelques villageois qui l’accompagnait on applaudit quand il est monté. Les discussions sont sympas, certains ont été en France, on sort le plan de Paris et ils se remémorent les endroits visités. Souvent expulsés car sans papiers ils ne sont pas prêts d’y retourner. Notre nouveau président a une très mauvaise image en Afrique et nous répétons inlassablement que nous n’avons pas voté pour lui. Certains africains le traitent de dictateur. Un français marié à une sénégalaise nous affirme que leur fille née en France n’a pas droit à la nationalité française si une enquête révèle que lui n’est pas français à deux générations. Au Sénégal on ressentait parfois une ambiance vengeresse des autorités envers les ressortissants de Sarkoland. Un ami a pris 15 jours de prison locale (…) et 1500€ d’amende parce qui lui manquait un papier pour son bateau. On entend parler de l’instauration d’un visa pour les français au Sénégal. Ben oui, y a pas de raison, puisque on met les bâtons dans les roues aux étrangers en France pourquoi pourrions-nous circuler librement au Sénégal ?

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Au bout d’une route à moitié fracassée nous arrivons à Bobo-dioulasso au Burkina faso. Nous y retrouvons Mayo rencontrée sur la route en Mauritanie et son copain Seydou. C’est noël à Bobo, grosse fête dans la rue avec concerts de musique traditionnelle. On chante petit papa Noël mais la neige ne tombe pas, et puis zut on a oublié de se faire des cadeaux ! Il fait 30°C, un plat de poulet grillé aux poivrons pris en terrasse remplace la dinde au coin du feu. Pour finir on part danser du zouk et du coupé-décalé dans un bar en plein air. Il fait bon, les coups de fil à nos familles nous on réchauffé le cœur.

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Pour nous le divin enfant fêté ce soir c’est Camille, le fils de Guillaume et Charlotte tout juste né. Santé ! Félicitations les amis ! Alors joyeuses fêtes à tous et à toutes et bons baisers du Burkina !

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Juste un mot de plus pour dire que nous avons été très touchés par les évenements survenus en Mauritanie 15 jours après notre passage. Attention à vous qui voyagez, plus d’info sur CE LIEN.

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déc 15

Au pays Bambara

Nous avons pu récupérer notre véhicule saisi par les douanes sénégalaises et sommes repartis vers le Mali.

Nous filons sur la route de Bamako le coeur léger et la voiture aussi.
Le crépuscule vient, nous sommes encore loin de la ville, il est hors de question de conduire de nuit. Nous réalisons enfin ce qui nous faisait envie depuis le début : nous arrêter dans l’un de ces minuscules villages pour demander l’hospitalité.
Nous descendons le petit chemin qui mène à l’une de ces concessions familiales typiques : une enceinte en torchis parsemée de petites cases d’habitation carrées et de greniers de stockage ronds à toits de chaume. Le patriarche, Monsieur Traoré, nous acceuille et dans ses quelques mots de français nous autorise à dormir là. Nous commençons donc à planter la tente derrière la concession mais il revient et nous entraine vers l’une des case. Il est hors de question de nous laisser dormir dehors, il nous cède sa case et son lit. Nous sommes très gênés mais acceptons, refuser serait pire.
Nous installons notre moustiquaire que nous faisons tenir par deux arceaux de tente igloo coincés dans les angles du lit (bonne astuce pour voyageurs car il est souvent difficile de trouver des points d’accroche aux murs).
La nuit s’installe, d’un bleu-noir profond semé d’étoiles. Dans la cour, la famille se regroupe au coin du petit feu. Monsieur Traoré a deux femmes qui lui ont donné de beaux et nombreux enfants. Seules les filles sont présentes, tout les hommes sont en brousse avec les troupeaux du village.
La famille est silencieuse, ils observent ces deux extraterestres blancs arrivés en soucoupe renault dans leur vie, la vieille radio grésille dans le noir et les chiens, le chat tout rapé, les poules et les chèvres se pressent autour de nous. Le chef de famille essaie de nous parler et retrouve peu à peu son vocabulaire français. Nous lui portons le pain et la pastèque prévus pour notre dîner. On nous sert le « Taw », quotidien des Bambaras : un bol de riz creusé d’un trou de sauce à l’arachide et feuilles de manioc au milieu. C’est bon. Nous mangeons sous les regards attentifs de nos hôtes qui deviennent de moins en moins timides et reprennent leurs conversations. L’une des filles serre contre elle un nouveau né. La vie est là, dans sa plus simple expression, sans artifices. Nous nous sentons si humains nous aussi à leur contact. Nous sommes si semblables et pourtant si différents.
Au coin du feu, la tête nous tourne de réfléchir autant à leur mode de vie, au notre, au pourquoi du comment. Nous rions ensemble sans partager de langue. C’est bon la nuit chez les Bambaras.
Le lendemain, nous les quittons avec le regret de ne pas rester vivre un peu à leur façon. Au revoir ! les mains s’agitent, la voiture couine et ça y est nous sommes repartis, de nouveau deux avec l’autoradio qui chante en anglais.

Quelques heures plus tard nous entrons dans Bamako, nouveau parachutage brutal, c’est la ville et son boxon général. La conduite est un peu sportive au milieu des centaines de mobylettes qui déboulent de partout à la fois. Nous trouvons refuge à l’auberge Djamilla, jolie et tranquille même si complètement « toubabisée ». De temps en temps ça fait du bien aussi. Après une bonne nuit de repos nous décidons de continuer le voyage car il en vaut la peine et avoir son propre véhicule permet beaucoup de liberté. Nous réparons la roue qui freinait toute seule dans les soubressauts de la piste, faisons l’acquisition d’une tente en moustiquaire et d’un bon matelas et nous voici repartis vers le nord du Mali, au pays Dogon, tant vanté par ceux qui l’on visité. Nous avons aussi les visas pour le Burkina où nous rendrons visite à des copains rencontrés précédement sur la route. Nous y vendrons sûrement la voiture pour rentrer ensuite en taxi brousse ou en avion sur le Sénégal. C’est tout simplement super !

Alors à bientôt.

Désolés pas de photo cette fois ci, le cyber café n’est pas équipé.

Petite apparté pour notre accro nouvelle du web masquée : nous ne rions pas du tout, au contraire, nous sommes très contents que tu t’y sois mise (enfin). Par contre il va falloir être patiente, nous on est pas connectés 24 sur 24 comme madame la patronne. Un cyber café ça ne se trouve pas sous le sabot d’un dromadaire. Tu n’as qu’à lire tout ce que tu as raté avant (rubrique archives, en bas de la colonne de droite). Alors gros bisous et bon surf.

déc 13

Numéro de téléphone

Désolés nous nous étions trompés , voici le bon numéro :
00 221 77 728 00 03 depuis la france
77 728 00 03 depuis le Sénégal

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