Nous avons pu récupérer notre véhicule saisi par les douanes sénégalaises et sommes repartis vers le Mali.
Nous filons sur la route de Bamako le coeur léger et la voiture aussi.
Le crépuscule vient, nous sommes encore loin de la ville, il est hors de question de conduire de nuit. Nous réalisons enfin ce qui nous faisait envie depuis le début : nous arrêter dans l’un de ces minuscules villages pour demander l’hospitalité.
Nous descendons le petit chemin qui mène à l’une de ces concessions familiales typiques : une enceinte en torchis parsemée de petites cases d’habitation carrées et de greniers de stockage ronds à toits de chaume. Le patriarche, Monsieur Traoré, nous acceuille et dans ses quelques mots de français nous autorise à dormir là. Nous commençons donc à planter la tente derrière la concession mais il revient et nous entraine vers l’une des case. Il est hors de question de nous laisser dormir dehors, il nous cède sa case et son lit. Nous sommes très gênés mais acceptons, refuser serait pire.
Nous installons notre moustiquaire que nous faisons tenir par deux arceaux de tente igloo coincés dans les angles du lit (bonne astuce pour voyageurs car il est souvent difficile de trouver des points d’accroche aux murs).
La nuit s’installe, d’un bleu-noir profond semé d’étoiles. Dans la cour, la famille se regroupe au coin du petit feu. Monsieur Traoré a deux femmes qui lui ont donné de beaux et nombreux enfants. Seules les filles sont présentes, tout les hommes sont en brousse avec les troupeaux du village.
La famille est silencieuse, ils observent ces deux extraterestres blancs arrivés en soucoupe renault dans leur vie, la vieille radio grésille dans le noir et les chiens, le chat tout rapé, les poules et les chèvres se pressent autour de nous. Le chef de famille essaie de nous parler et retrouve peu à peu son vocabulaire français. Nous lui portons le pain et la pastèque prévus pour notre dîner. On nous sert le « Taw », quotidien des Bambaras : un bol de riz creusé d’un trou de sauce à l’arachide et feuilles de manioc au milieu. C’est bon. Nous mangeons sous les regards attentifs de nos hôtes qui deviennent de moins en moins timides et reprennent leurs conversations. L’une des filles serre contre elle un nouveau né. La vie est là, dans sa plus simple expression, sans artifices. Nous nous sentons si humains nous aussi à leur contact. Nous sommes si semblables et pourtant si différents.
Au coin du feu, la tête nous tourne de réfléchir autant à leur mode de vie, au notre, au pourquoi du comment. Nous rions ensemble sans partager de langue. C’est bon la nuit chez les Bambaras.
Le lendemain, nous les quittons avec le regret de ne pas rester vivre un peu à leur façon. Au revoir ! les mains s’agitent, la voiture couine et ça y est nous sommes repartis, de nouveau deux avec l’autoradio qui chante en anglais.
Quelques heures plus tard nous entrons dans Bamako, nouveau parachutage brutal, c’est la ville et son boxon général. La conduite est un peu sportive au milieu des centaines de mobylettes qui déboulent de partout à la fois. Nous trouvons refuge à l’auberge Djamilla, jolie et tranquille même si complètement « toubabisée ». De temps en temps ça fait du bien aussi. Après une bonne nuit de repos nous décidons de continuer le voyage car il en vaut la peine et avoir son propre véhicule permet beaucoup de liberté. Nous réparons la roue qui freinait toute seule dans les soubressauts de la piste, faisons l’acquisition d’une tente en moustiquaire et d’un bon matelas et nous voici repartis vers le nord du Mali, au pays Dogon, tant vanté par ceux qui l’on visité. Nous avons aussi les visas pour le Burkina où nous rendrons visite à des copains rencontrés précédement sur la route. Nous y vendrons sûrement la voiture pour rentrer ensuite en taxi brousse ou en avion sur le Sénégal. C’est tout simplement super !
Alors à bientôt.
Désolés pas de photo cette fois ci, le cyber café n’est pas équipé.
Petite apparté pour notre accro nouvelle du web masquée : nous ne rions pas du tout, au contraire, nous sommes très contents que tu t’y sois mise (enfin). Par contre il va falloir être patiente, nous on est pas connectés 24 sur 24 comme madame la patronne. Un cyber café ça ne se trouve pas sous le sabot d’un dromadaire. Tu n’as qu’à lire tout ce que tu as raté avant (rubrique archives, en bas de la colonne de droite). Alors gros bisous et bon surf.





