A force de ne pas écrire le fil des histoires s’émousse et le lecteur se lasse mais que voulez-vous, le bolon casaçais n’est pas wifi et l’équipage est fainéant. Même le chat n’a plus coeur à sautiller avec la chaleur qui augmente chaque jour un peu. J’espère que vous accepterez quand même ces quelques histoires pas fraîches du tout…
Accompagnés de Mayo et Seydou, les copains du Burkina, nous avons remonté des tas de bolons pour aller nous perdre dans les îles du Nord de la Casamance, les îles Carones. Et comme d’hab il nous est arrivé un tas de trucs.
Nous avons d’abord rencontré la neige. Elle nous a surpris à Thiobon, il faisait un chaud de canard et les gros flocons se sont mis à voler dans le vent. Quelques heures plus tard le sol était blanc et les congères à la limite de se former. En plein mois d’Avril, du jamais vu, penserez-vous…Enfin pour nous, parce que les locaux eux c’est chaque année que les arbres géants dit « Fromagers » larguent leurs graines floconneuses sous forme de Kapok qui s’envole et recouvre tout.
Autrefois on l’utilisait d’ailleurs comme rembourrage mais problème : au contact d’une flamme, le kapok s’embrase comme de l’essence. Fumer au lit calé sur son oreiller bourré au kapok est donc moyennement conseillé… Il irrite aussi les yeux et les voies respiratoires de tout le village, mais bon c’est passager, très beau et le miel de ses fleurs est sublime. Pour parfaire l’ambiance hivernale nous nous sommes tous tapé une bonne trachéite fiévreuse. Chacun son tour et pas de jaloux. Les nuits à tousser nous ont permis de refaire l’inventaire de notre pharmacie du bord pour constater qu’il y avait tout, de la suture aux antibios en passant par les sparadraps mais pas une foutue larme de sirop contre la toux.
Un petit tour et des grands détours nous ont ramenés auprès de Philippe et Jeanne d’Arc, un couple de villageois casaçais pas facile à trouver. Je ne donne pas l’adresse mais il vous faudra mouiller l’ancre puis partir en annexe pour trouver un tunnel dans la mangrove qui vous mènera sur la terre ferme.
Vous ferez un bout de brousse avant de vous déchausser, d’enfiler votre plus beau slip de bain et de vous enfoncer dans la sente taillée au milieu des palétuviers. Comme dit l’adage : A marée basse slip de bain sec, à marée haute aisselles rafraîchies.




































